2016 Burkina Day 11: Naba of Issouka, General Meeting

Jour N° 11: Naba d’Issouka et réunion générale

17 janvier 2016

J’étais libre ce matin et j’en ai profité pour m’occuper des retards que j’avais accumulés avec mes messages électroniques. Je suis donc allé en ville au Cyber café qui malheureusement était fermé. J’ai alors choisi d’aller dans un hôtel luxueux, ai acheté un coca et me suis assis dans le salon afin d’utiliser leur wi-fi, espérant ne pas voir d’attaque terroriste. L’internet y était encore plus lent: jusqu’à cinq minutes par message. Je n’ai donc pas pu terminer.


Modeste de l’UNICEF m’avait invité à déjeuner. A Koudougou, il porte toujours la robe de chef d’Issouka. On l’appelle « Naba » pour chef. Il m’a accueilli devant son palace, avec sa cane de l’autorité et son bonnet de compassion comme il les décrits.


Maasme en Mooré, le dialecte des Mossi, veut dire ombre, ou ombrageux, l’endroit de la paix. C’est exactement ce que le Naba veut de son palace.


Il a fallu plus de cinq ans pour la construction de cet édifice. Lorsque je l’ai visité la première fois, il n’y avait qu’une cour de cérémonie et un musée. Avec son salaire de l’UNICEF et l’aide de quelques gouvernements, comme notamment le Japon, il a pu réaliser son rêve: un endroit où la communauté peut s’y rencontrer : il peut y diriger les cérémonies locales, résoudre certaines disputes et chacun, surtout les enfants, peuvent y apprendre l’histoire des Mossi de Koudougou.


La cour de cérémonie

Le Naba devant rencontrer certains de ses sujets, son loyal assistant, Patrick, m’a fait visiter.


Nous sommes passés devant le couloir de la paix, encore en construction, et sommes arrivés dans la pièce sacrée où le Naba reçoit les invités importants. Je suppose qu’avec Gilberte, co-fondatrice avec Père Albert de « Solidarité », nous étions les premiers invités à être reçus ici.


La petite chaise, près du trône, est pour le porte-parole. Le chef s’adresse toujours en Mooré, d’une voix très douce et le porte-parole le traduit dans la langue des invités. Le chef a toujours raison. Si une erreur se glisse, le porte-parole sera blâmé.

La besogne la plus importante pour le chef est celle de médiateur. Ceci peut se voir dans les deux peintures murales dans la pièce du trône. L’une montre le Naba recevant gracieusement un colon français et les représentants des trois religions.


L’autre décrit la résolution d’une dispute.


Toutes les autres pièces sont moins officielles: l’une, toute simple, pour la consultation, une pièce de rencontres confidentielles, une pièce de réception et une terrasse sur le toit utilisée pour des expositions ou des réceptions.


Les statues sur le mur représentent la femme à différentes étapes de sa vie, allant de la grand-mère à l’enfant. Le Naba a expliqué à ses sujets que l’excision était interdite, les mariages précoce des jeunes filles étaient interdits et que les filles devaient aller à l’école autant que les garçons.

Les enfants peuvent se rendre régulièrement à un petit musée appelé Rayimi, ce qui veut dire en Mooré: « je me souviens ».


A l’intérieur, le colonialisme est documenté par des faits. On y trouve des masques…


… et même un drapeau de la Haute Volta (maintenant le Burkina Faso) que les américains ont emportés sur la lune avec Apollo XI en 1969, avec les autres drapeaux des Etats membres de l’ONU. Ceci a été présenté au Burkina Faso par le Président Nixon. Ne me demandez pas comment il est arrivé ici.


Nous nous sommes assis pour le déjeuner. Je n’étais pas encore remis de l’attaque du Spendid. Lui, au contraire, était très optimiste. « Je pense que ceci est le début de la fin du terrorisme », dit-il. « Nous comprenons maintenant leurs méthodes et commençons à organiser et coopérer. Remarquez comment les français, américains et burkinabés étaient présents en quelques minutes ». Il s’est retourné et a ajouté: « la vie est belle. C’est ce que ceux qui ont attaqué le Spendid ne réalisent pas ». J’aimerais partager son optimisme.

A contre cœur, j’ai dû le quitter pour me rendre à une réunion générale avec nos bénéficiaires 2015/2016 et les candidates pour 2016/2017. Elles m’attendaient. J’étais en retard de quinze minutes. Nous nous sommes assis ensemble et avons fait le tour de la table. Chaque fille s’est présentée.


Je leur ai ensuite demandé de compléter le formulaire santé, leur expliquant les problèmes qu’elles auraient pu rencontrer durant les douze derniers mois.


Je leur ai parlé des efforts que nous devons faire pour nos collectes de fonds et comment il était important qu’elles restent en contact avec nous. Les donateurs veulent savoir comment leur argent est dépensé. Le plus important sont les photos. Elles semblaient avoir compris.


Je vous présente tout d’abord les bénéficiaires:

Ursula était une excellente élève en secondaire et s’est qualifiée pour une bourse de l’état. Le gouvernement est très en retard et n’a pas encore annoncé les résultats de l’examen compétitif. Nous ne pourrons l’aider qu’après avoir appris leur décision. Ursula est prise entre deux feux et n’a pas encore commencé ses cours de l’anglais, sa matière principale.


Edwige, que nous avions rencontrée hier, n’a pas encore commencé sa première année en administration et gestion des entreprises. Elle ne sait pas encore si elle ira à l’institut de Koudougou ou à l’université de Ouaga. Tout dépend si sa tante pourra ou non la loger à Ouaga.


Adeline est actuellement dans un programme de deux ans pour devenir aide-soignante.


Safiatou vient de commencer un programme de deux ans pour devenir enseignante de remplacement dans le primaire.


Pascaline est en première année de lettres modernes. Elle aimerait enseigner au niveau des secondaires.


Enfin, Diane Alida est dans un programme de deux ans pour devenir aide-soignante.


A présent, les candidates :

Fayssatu aimerait étudier pour devenir ingénieur des travaux publics ou peut-être infirmière.


Françoise aimerait étudier la géographie.


Et finalement Roseline qui aimerait également étudier la géographie.


Devons-nous voter ????

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France

Email: info@chanceforchangecharity.org