2016 Burkina Day 13: Marie-Thérèse, Pascaline, and Bénédicte

Jour N° 13 : Marie-Thérèse Y, Pascaline Y et Bénédicte

19 janvier 2016

La matinée était consacrée à Marie-Thérèse, en commençant par son école, l’Institut supérieur de management de Koudougou (ISMK). Il s’agit d’un immeuble imposant de trois étages dans la rue principale de la ville.

Le personnel de l’administration était très obligeant. Ils ont confirmé que Marie-Thérèse était enregistrée dans un programme de trois ans en marketing et gestion commerciale. Elle nous a surpris lorsqu’elle nous a déclaré aller aux cours du soir. Cela n’avait aucune importance mais je me demandais pourquoi elle avait choisi cela.

Nous le saurons éventuellement. Nous sommes allés en voiture jusque chez elle.

A l’extérieur, nous pouvons apercevoir une sorte de crèche . Nous remarquons cela dans beaucoup de maisons de chrétiens ; une façon de se souvenir de Noël. Peut-être que cela soulage de la chaleur !!!

Marie-Thérèse sortait de la douche. Elle s’est vite habillée et nous a accueillis. Trois chambres se trouvent derrière ces rideaux.

Elle en partage une avec sa sœur aînée. Celle-ci vend au marché, pour se faire un peu d’argent, des salades qu’elle a préparées. Son père est décédé lorsqu’elle était très jeune. Sa mère vend, également au marché, du riz qu’elle a cuisiné. Un frère plus âgé vit encore avec eux. Il fait de menus travaux, comme par exemple installer des antennes de télévision. Une autre sœur a terminé sa formation d’institutrice et vit maintenant à Ouaga. Marie-Thérèse est la plus jeune.

Noëlie et moi lui avons demandé pourquoi elle s’était inscrite aux cours du soir. « En marketing, j’étais la seule dans la journée » a-t-elle expliqué. J’ai rétorqué qu’en 1965, j’étais le seul étudiant à l’université du Congo et ce n’est pas si mal.

Elle a ajouté qu’elle avait pensé changer vers la comptabilité mais nous lui avons déconseillé de le faire et elle a donc décidé de rester aux cours du soir. Elle nous a montré quelques notes que son professeur avait conservées grâce à une clé USB. Elle a dû payer entre 4 et 8 euros pour les imprimer, suivant les dimensions de la brochure.

Nous l’avons remerciée. Son frère était à l’extérieur essayant d’enlever la poussière de quelques équipements électroniques. Il est vrai que la poussière est partout ici.

Nous l’avons quittée en insistant qu’elle devrait faire la maximum dans ses études.

Traversant la ville, nous avons rencontré par hasard M. Nana qui me loue sa vieille Mercedes. Il nous a salué et m’a invité à dîner, ce que j’ai accepté.

L’après-midi, nous sommes allés à l’université de Koudougou, fermée depuis quatre mois avec la grève des professeurs qui sont fatigués de ne pas être payés. L’administration était quelque peu présente.

L’entrée était dans un triste état.

Nous voulions que soit confirmée l’admission de Pascaline Y. dans les langues étrangères. Hélas, le bureau était fermé. Il était 3h30. Le pays travaillait maintenant en journée continue. Ils commencent à 7h30 et terminent à 3h30, sans pause pour le déjeuner. Cette clause est volontaire dans le pays. Tous ne l’ont pas acceptée mais l’université l’a endossée.

Je remarque un étudiant faisant une sieste dans une des classes.

Nous avons un dernier regard vers ce campus plus ou moins abandonné et nous quittons pour aller chez Pascaline.

La maman de Pascaline nous a accueillis et nous a invités à nous asseoir dans la cour.

Pascaline était présente et, pourquoi pas, puisque l’université était fermée. Elle n’a pas encore commencé sa première année. Elle semblait s’ennuyer ici.

L’année dernière, maman nourrissait Yvette ; mais maintenant elle a presque deux ans !!!

Maman fabrique du dolo qu’elle vend devant la maison. S’il est fermenté, le dolo devient alcoolique. On m’a offert une variété non fermentée qui a le goût du jus de pomme.

Pascaline va éventuellement étudier les lettres modernes comprenant quatre langues : anglais, français, Mooré (la langue de la majorité des Mossi) et Dioula (parlé dans les environs de Bobo Dioulasso).

Elle n’a pas encore reçu son chèque pour les frais de scolarité (environ 25€ par an). J’ai immédiatement appelé Awa, l’assistante de Christiane, qui s’est excusée. Elle avait oublié et l’enverra le lendemain. Le service postal n’existe pas. Awa devra donc l’envoyer par un service de courrier. Nous avons quitté Pascaline en lui souhaitant beaucoup de chance.

Notre dernier rendez-vous de la journée était pour la maman de Bénédicte qui travaille au ministère de l’agriculture. Son mari, un chef cantonal, est décédé l’année dernière après une maladie qui a durée quatre ans et qui a beaucoup coûté.

Un marché s’installait de l’autre côté de la route.

Puisque la mère a un salaire, nous avions décidé de ne payer que les frais de scolarité de Bénédicte et la mère s’occuperait du reste. Malheureusement, le chèque n’est jamais arrivé et elle a dû faire un emprunt auprès de la banque. J’ai de nouveau appelé Awa et je lui ai donné l’autorisation d’établir un chèque à son nom pour couvrir le prêt de la banque.

Je lui ai montré les photos de sa fille lors de sa première année d’université.

Je lui ai promis que tout serait meilleur l’année prochaine.

J’ai rencontré M. Nana le soir dans une sorte de restaurant extérieur appelé « le Jardin du Maire ». Il n’y avait que deux plats au menu : poulet et poisson.

Il a eu la gentillesse d’inviter également Marcel, mon chauffeur (et son mécanicien) ainsi qu’un de leurs amis. Nous avons beaucoup ri, bu de la bière et mangé avec nos doigts (ni assiette, ni couverts n’étaient offerts).

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