2016 Burkina Day 16: Rokia, Mounirata, Sonia, Pélagie R and Anne Géraude

Jour N° 16 : Rokia, Mouniratou, Sonia, Pélagie R et

Anne Géraude

22 janvier 2016

C’est en courant que nous commençons notre prochaine journée. Nous débutons par une visite à l’Ecole Nationale de la Santé où deux de nos bénéficiaires sont inscrites pour leur première année : Rokia et Mouniratou. Le hall d’entrée était très verdoyant.

Nous avons rencontré l’administrateur, René Bationo, qui nous a expliqué que toutes les deux avaient réussi à l’examen d’entrée et étaient maintenant enregistrées. Après trois ans d’études, elles seront infirmières d’état.

Dr. Pagezy nous a accompagnés, Dr. Traoré et moi-même, puisqu’elle nous avait demandé de l’aide pour Rokia.

Dr. Pagezy à gauche et Rokia à droite.

Nous avons discuté avec les filles après avoir quitté M. Bationo.

De gauche à droite Dr. Traoré, Mouniratou et Rokia.

Mouniratou a eu la gentillesse de porter mon ordinateur pendant que je prenais les photos.

Dr. Pagezy nous a maintenant quittés et, avec Dr. Traoré, nous sommes allés à l’Université Catholique de l’Ouest. Juliette, notre toute première bénéficiaire, y a obtenu son master en comptabilité après cinq ans d’études. Sonia commençait seulement sa première année. Il est évident que maintenant nous connaissons très bien le secrétaire de l’université, Nkokolu Massamba.

Il nous a dévoilé que Sonia avait obtenu de bien basses notes en math (4/20 et 3/20). Elle s’est spécialisé en comptabilité. Toutefois, il a ajouté que cela ne pouvait pas être anormal puisqu’elle n’a pas passé son bac en comptabilité, mais en science. Le début de la première année sera plus difficile pour elle. Il a ajouté qu’elle n’avait pas suivi les cours très régulièrement (oh, oh..). Sonia s’est contenté de regarder sans dire un mot.

Nous l’avons sermonnée dès que nous sommes sortis. « Tu dois aller en classe régulièrement » lui a-t-on dit. « Tu dois réussir à surmonter cette faiblesse. Tu as passé ton bac avec une moyenne de 12. Tu es intelligente. Tu peux réussir » Il était difficile de savoir si elle écoutait ou pas.

Après l’avoir quittée, Dr. Traoré m’a expliqué que le père de Sonia voulait qu’elle fasse médecine, ce qui explique pourquoi elle a choisi de faire son bac en science. Néanmoins, elle était déterminée et ne voulait que la comptabilité. « Elle est forte et têtue, a-t-il ajouté, et elle est suffisamment intelligente pour réussir. » J’espère qu’il a raison.

Nous avons traversé la ville pour aller déjeuner. Bobo est beaucoup plus verdoyant que Koudougou ou Ouaga. Plusieurs vieux arbres peuvent procurer de l’ombre.

Bobo est une ville pleine de vie. Il y a des marchants ambulants partout dans les rues.

Nous sommes passés devant la gare centrale avec cette splendide architecture soudanaise..

.. et les femmes de Bobo en groupes.

Nous devions rencontrer Lambert dans un restaurant appelé Dankan qui se spécialise en mets africains. Dr. Traoré ne jure que par ce restaurant.

Lambert est un ingénieur agronome. Il est allé à l’école avec Christiane qui s’occupe de notre association à Ouaga. En fait, Christiane a étudié pour être ingénieur agronome mais elle est allée s’installer comme conseillère en gestion. Nous avions demandé à Lambert de suivre Natacha, ce qu’il a fait. Elle a obtenu un brevet de technicien agronome après deux ans d’études. Ce déjeuner était en fait pour le remercier.

Après le déjeuner, nous avons pris la voiture jusque chez Mouniratou. Le chemin était très érodé. Il n’y a aucun ramassage d’ordures. Tout est jeté dans les rues et pourtant il n’y a aucune mauvaise odeur. Tout ce qui est plus ou moins mangeable est attrapé par les moutons, chiens, chats, poules, cochons, et autres espèces. Tout ce qui reste ne sont que les sacs en plastique.

Plus nous avancions, plus cela devenait de pire en pire. Un 4X4 aurait des difficultés et pourtant, la petite Toyota de Dr. Traoré a réussi à avancer. Elle a 275.000 kms au compteur.

Nous sommes enfin arrivés.

Nous nous sommes installés, pour discuter, sous les manguiers avec sa mère et l’épouse de son frère.

Mouniratou n’a pas de bicyclette. Elle va à pied à l’école en quittant la maison à 6 heures pour faire les deux kms. Pour déjeuner, elle avale un bol de riz qu’elle paie 50 cents (250 CFA). Elle est musulmane et prie cinq fois par jour mais pas nécessairement aux heures prescrites. Elle semble persuadée qu’elle réussira.

Nous les avons quittées.

Nous sommes ensuite allés au Lycée Mollo Sanou afin d’y rencontrer Pélagie R qui est une candidate pour la prochaine année scolaire.

Ce lycée semble bien entretenu. L’année dernière, 80% des élèves en bac A (lettres) ont réussi alors que la moyenne nationale est de 20%. Pélagie était en bac A et elle a été classée 17ème sur 72 pour le premier trimestre de l’année. Il semble qu’elle sera à notre charge cette prochaine année. Nous remercions le principal pour ces renseignements.

Nous sommes allés chez Pélagie pour notre dernière visite. Elle y habite avec sa mère et sa sœur Anne Géraude qui avait dû redoubler sa dernière année de secondaire. Elle ne semblait pas être en grande forme.

En effet, elle a eu un accident avec un scooter qu’elle avait emprunté à un ami et, malheureusement, sans assurance. De sérieuses blessures à la jambe l’ont obligée à manquer l’école pour plusieurs semaines. Le budget de la famille a été bien endommagé.

Elle aimerait aller en école de droit mais je lui ai dit que ceci serait trop déraisonnable.

La mère quant à elle me semblait en meilleure forme que l’année dernière. Elle a été opérée d’un cancer au sein et devrait prendre tous les jours le Létrozole qui coûte 25.000 CFA (38€) par mois. Elle ignore comment elle pourra le faire. Son époux, instituteur dans un village près de la frontière avec le Mali, l’a aidée. Un membre de sa famille, infirmière, l’a aidée ainsi qu’une autre. La famille arrive ainsi tant bien que mal à s’en tirer. Elle est très optimiste. Pourtant, son avenir est loin d’être certain.

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