2016 Burkina Day 17: Thérèse, Juliette, Sonia, General Meeting

Jour 17, Thérèse, Juliette, Sonia, réunion générale

23 janvier 2016

Thérèse est devenue une de nos bénéficiaires par l’intermédiaire d’une autre association bretonne travaillant au Burkina Faso. Dr. Traoré m’a conduit au bout du monde pour trouver le lieu où elle habite.

Thérèse fait partie de celles qui ont attendu des mois pour savoir si le gouvernement leur accordait une bourse d’état. À l’origine, une bourse était accordée à toutes les femmes ayant une moyenne égale ou supérieure à 11,5. Thérèse avait une moyenne de 11,80. Heureusement, nous avions prévu dans notre budget une partie pour elle dans le cas où la bourse ne lui serait pas accordée. Les résultats arrivés cette semaine montrent que les bourses d’état ont été accordées à celles qui ont une moyenne égale ou supérieure à 12,30. Dans mon pays, on appelle ça « déplacer les poteaux de but » (équivalent anglais de « changer les règles du jeu »).

Nous avons fini par arriver chez elle. Thérèse nous a montré son diplôme de baccalauréat obtenu avec une moyenne de 11,80.

On nous avait donné le nom de Sœur Vitaline qui connaissait bien la famille. Elle a étudié à Loudéac et à Saint-Brieuc dans notre coin de Bretagne de 2007 à 2010. C’est elle qui nous a recommandé Thérèse. Elle nous a rejoints.

Thérèse était désormais notre bénéficiaire et Sœur Vitaline était là pour aider. Que voulait-elle étudier ? Le droit. Aaaarrrgh. Avec le soutien de Sœur Valentine, j’ai convaincu Thérèse d’étudier l’anglais. L’ISIG (l’Université Aube Nouvelle) avait une telle branche à Bobo. L’ambassade des États-Unis avait donné à l’ISIG de l’argent pour proposer un programme d’anglais de qualité. En outre, il y avait plus d’opportunités d’emploi dans ce domaine. Thérèse a été convaincue.

Elle n’a pas de bicyclette ni d’électricité. Comment allions-nous réussir ? Malgré les risques de désaccord au sein du bureau, j’ai décidé de lui acheter un vélo. J’ai donné l’argent à son père. J’essaierai également d’acheter une lampe solaire. La mère, le père, Sœur Vitaline, Thérèse et ses trois sœurs ont tous posé pour la photo.

Prochain arrêt : le stage de Juliette à la CAMEG, une entreprise publique qui vend des médicaments génériques.

Juliette est sortie pour nous saluer. Elle a terminé ses cours de Master en comptabilité et doit désormais effectuer des stages pendant deux ans. Elle a terminé fort, avec des notes très élevées. L’année dernière, elle souriait et avait une pointe de teinture rouge dans les cheveux. Je suis content de dire qu’elle ressemble beaucoup à une femme professionnelle désormais.

Il y a plusieurs années, Dr. Traoré a aidé à créer la CAMEG. Le directeur, Rèma Rande, à droite sur la photo, est venu lui dire bonjour. Juliette travaille avec le chef comptable, Pascal Banze, deuxième en partant de la droite. Je leur ai dit que j’espérais qu’ils puissent un jour offrir un emploi payé à Juliette. « Nous aimerions beaucoup, ont-ils répondu, mais…. »

Juliette est confrontée à des difficultés financières. Sa colocataire, avec qui elle vit depuis de nombreuses années, a terminé ses études et retourne à Ouaga. Juliette doit trouver un nouveau logement. Pour qu’elle mange, sa mère lui envoie des produits de la ferme et il lui reste de l’argent issu d’une petite aide que nous lui avions donnée. Elle aura malgré tout besoin d’une aide financière pour survivre. Une question à poser au bureau.

L’après-midi, nous avons rendu visite aux parents de Sonia, l’étudiante en comptabilité dont le père voulait qu’elle étudie la médecine.

Sonya et son père ne partagent pas le même point de vue.

Son père nous a dit qu’ils n’ont jamais reçu leur chèque destiné à payer les frais de scolarité. Il a dû emprunter de l’argent à un voisin pour faire les deux premiers versements. Argh ! J’ai téléphoné à notre bureau d’Ouaga pour autoriser immédiatement le paiement.

Nous avons parlé du besoin de Sonia de tenir bon. Son père la conduit à l’école sur son cyclomoteur, vient la chercher pour le déjeuner, la ramène ensuite à l’école. Elle est très encadrée par son père. Nous verrons si l’école lui permet de trouver sa voie.

Dr. Traoré avait invité chez elle toutes nos bénéficiaires, ainsi que des candidates, pour une réunion générale. Thérèse n’a eu aucune difficulté à venir grâce à sa nouvelle bicyclette.

Nous nous sommes assis autour du salon bien aménagé et avons échangé.

Voici la prochaine génération de femmes professionnelles du Burkina Faso.

De gauche à droite : Pélagie (sa sœur n’a pas pu venir parce qu’elle a eu un accident de scooter), future juge ; Mouniratou, future infirmière ; Rokia, future infirmière ; Sonia, future comptable ; Thérèse, future enseignante de langues.

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France

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