2016 Burkina Day 20: Pascaline Z, Fayssatu, Laure Estelle, Françoise Z, Diane Alida

Jour 20, Pascaline Z, Fayssatu, Laure Estelle,
Françoise Z, Diane Alida

26 Janvier 2016

Forte brise à Koudougou ce matin. Comme c’est la saison sèche, elle soulève énormément de poussière. J’ai le nez qui coule et je tousse depuis une semaine. Je viens d’acheter ma quatrième grosse boîte de Kleenex. Hier, avant mon départ de Bobo, le Docteur Pagezy a ouvert son sac à malices et en a sorti deux masques chirurgicaux. “Voilà”, me dit-elle, “ça va vous aider à lutter contre la poussière”. Je suis la prescription du médecin.

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Avec Noëlie, nous sommes allés chez l’oncle de Pascaline Z, où elle a vécu quand elle était au lycée. Elle est maintenant en première année d’anglais à Ouaga. (C’est celle qui avait l’air terrifiée.) Il m’a dit l’année dernière qu’elle pouvait rester chez lui jusqu’à ce qu’elle ait son diplôme.

Sa femme est morte subitement en novembre dernier et il est plus difficile pour lui maintenant de s’occuper de la famille. Quatre jeunes vivent encore ici avec lui, mais ce ne sont pas ses enfants. Je voulais faire en sorte que Pascaline ait une maison pendant les vacances d’été. Il a répondu, “Bien sûr; sa chambre est là.” Je l’ai remercié.

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Nous sommes ensuite allés à la maison de la maman de Fayssatu.

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Fayssatu redouble sa terminale. Sa maman nous a dit que l’année dernière, lorsque qu’elle avait appris qu’elle avait raté son bac, elle était allée pleurer dans un coin.

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Son père est mort en 2011. Il était infirmier hospitalier. Une photo du couple est accrochée au mur du salon.

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Maman gagne sa vie en vendant une sorte de yaourt. Dans la cour, les femmes étaient en train d’en fabriquer.

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Le produit commercialisé ressemble à ça.

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Elle et son mari ont dû être assez à l’aise. Il n’y a que deux enfants à la maison, Fayssatu et un frère de 16 ans. Même maintenant, avec le yaourt, elle semble bien se débrouiller. Elle veut que Fayssatu étudie à Koudougou et reste vivre à la maison. Ça implique l’école d’infirmières. Je lui ai dit que si elle loge Fayssatu, la nourrit et l’emmène à l’école, nous paierions les frais de scolarité. Et les fournitures ? Nous verrons plus tard. Marché conclu.

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Dans l’après-midi, nous sommes allés à la maison des parents de Laure Estelle. La ville était recouverte d’une épaisse couche de poussière.

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Les employés du service de ramassage des ordures ménagères étaient à l’œuvre : trois cochons, deux poulets et une chèvre.

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L’année dernière, c’est la mère de Laure Estelle qui était seule à la maison. Cette fois, c’est son père. Il construit un hangar. Il est sorti d’une fosse de deux mètres de profondeur pour me saluer. Une fosse à deux bacs.

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Le plus dur est fait. Les deux fosses en béton sont achevées, mais maintenant il manque d’argent. Il lui faut les couvrir, puis construire la dépendance au-dessus d’eux. Mais en attendant, la pluie remplit les trous et endommage le béton. Il faut qu’il les vide.

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Il apporta quelques chaises et nous nous assîmes ensemble. Je l’avais entendu dire que Laure Estelle avait réussi l’examen national pour la fonction publique. Il me l’a confirmé, c’était en octobre dernier. Mais l’accord est qu’elle devra travailler un an sans être payée pour quelque chose appelé Le Service National de Développement. Quelle arnaque!

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Elle enseigne au collège secondaire dans un village appelé Kalsaka, non loin de Ouahigouya (la dernière fois, je l’ai mal orthographié c’est un de ces noms impossibles). Le père de Laure Estelle a dit que lorsque la région a été reprise par Naba (le chef) Kango à l’époque coloniale, il a dit à tout le monde à Ouahigouya : “Venez vous prosterner devant moi !” En Mooré, la langue des Mossi.

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Papa est maintenant à la retraite et sa pension est de 50 000 F CFA par mois (76€), dont est déduit 11 000 par mois pour l’emprunt qu’il a pris pour payer les frais de scolarité de son fils cadet. Le garçon a 15 ans. Sa femme a encore un problème cardiaque et elle prend des médicaments tous les jours. Et Laure Estelle a une hernie; elle suit un traitement, mais elle ne sait pas comment elle va le payer. Je lui demanderai de venir à Ouaga pour me dire tout ça en face. J’ai expliqué tardivement que nous avons payé pour les rois années de maîtrise de Laure Estelle. Il m’a demandé ma carte et m’a remercié.

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Nous sommes ensuite allés visiter la mère de Françoise Z. Ce fut difficile à trouver, même si nous y étions allés l’an dernier.

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Comme Fayssatu, Françoise redouble sa terminale. Sa maman est dans le début de la soixantaine. Son mari est décédé en 2001, l’année même où elle a perdu son emploi. Depuis elle travaille à la ferme et elle élève seule ses deux jumeaux, Françoise et François.

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Elle a dit que depuis son plus jeune âge Françoise disait qu’elle voulait devenir sage-femme. La dernière chose que Françoise nous a dite, à l’assemblée générale, était qu’elle voulait étudier la géographie. Quoi qu’il en soit, elle devra se décider. Sa mère veut qu’elle vive à la maison. Elle l’hébergera et lui donnera à manger. Françoise a un vélo. Nous n’aurons qu’à payer les frais de scolarité et les fournitures. Elle va choisir quelque chose à Koudougou.

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Je ne pouvais m’empêcher d’admirer son manguier. Ça doit être une variété précoce.

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J’ai aimé cette femme dès notre première rencontre. Sa vie n’a pas été facile, mais elle est heureuse comme ça.

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Le dernier arrêt de la journée, pour déposer le reçu du nouveau vélo de Diane Alida. Elle devra l’avoir avec elle en tout temps en cas de contrôle de police. J’ai fait une copie pour nos dossiers. Nous avons donné l’original à sa maman.

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France

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