2016 Burkina Day 3: Sonya and Natacha

Matin du Jour 4 – Sonya et Natacha

10 Janvier 2016

C’est dimanche, et à l’Hôtel Karité Bleu, j’ai droit à un croissant en plus du pain et à une papaye au lieu d’une banane. J’ai adoré.


Je ne l’avais pas vu la grue à crête qui a habité l’hôtel pendant des années et, franchement, j’espérais qu’elle était morte. Elle est agressive et désagréable. Un jour où je l’avais prise en photo, elle a donné un coup de bec sur mon appareil et l’a fait tomber par terre. Mais non. Elle est encore là.


Notre grande réunion annuelle des bénéficiaires aura lieu cet après-midi à Ouaga, mais j’avais pris quelques rendez-vous ce matin, à commencer par Sonya. En chemin, j’ai remarqué un panneau avec le nouveau président, Roch Marc Kaboré. (Tout le monde l’appelle Roch, prononcé « Rock?). Les élections ont été libres et équitables et tout le monde semble l’aimer. Il est né riche, aussi ils pensent qu’il n’aura aucune raison de voler le pays. «  Le Burkina est fier?, proclame le panneau.


Nous avons aidé à Sonya pour sa dernière année d’étude de Master en comptabilité et gestion. Elle a fini ses cours en 2014 et prévoit de terminer sa thèse cette année. Elle semblait détendue et confiante.


Mais la grande nouvelle à propos de Sonya est qu’elle s’est mariée le mois dernier. Nous avons passé beaucoup de temps à regarder des photos du mariage.


Son mari, Innocent, est professeur d’économie dans un institut privé. Il a une maison, une voiture, et maintenant Sonya.


Alors, elle a fait le grand saut, de la pauvreté à la classe moyenne. Prochaine étape pour elle : un diplôme et un emploi.


Notre deuxième rendez-vous de la matinée était avec la demi-sœur de Sonya, Natacha. Le quartier était moins reluisant.


Natacha nous a rencontrés sur la route principale sur son scooter et nous a guidés jusqu’à chez elle.


Elle nous a invités chez elle ; sa maison est modeste.


Nous nous sommes mis au travail immédiatement. Elle a reçu un diplôme d’un institut important, Matourkou, à l’extérieur de Bobo Dioulasso, consacrant deux ans d’études dans le domaine agricole. Elle a présenté un examen national de qualification pour travailler pour l’Etat dont elle attend les résultats. Si elle réussit, elle arrêtera ses études et prendra un emploi au gouvernement. Sinon, elle continuera le programme de cinq ans pour devenir ingénieur agronome. Elle nous a fièrement montré son diplôme.


En attendant, elle suit sa troisième année d’étude comme si elle allait continuer. La troisième année est une année complète de stage. Elle étudie la production de riz avec une société de Taiwan. Elle fait de petits sauts dans la brousse d’un à trois jours. C’est dur parce qu’elle est asthmatique depuis qu’elle est enfant. Notre Fonds pour la santé, financé par la Guilde des Femmes des Nations Unies de Genève, a payé ses médicaments ces deux dernières années.


L’asthme n’est pas tout. Elle a eu un grave accident de moto l’an dernier, et a été blessée aux orteils et au genou. Le genou est encore douloureux et un médecin lui a conseillé de passer un scanner. Cela va coûter 80 $. Je vais voir si notre Fonds peut le prendre en charge.


Sa mère s’est assise avec nous. C’est une femme énergique elle travaille pour le ministère de la santé. Elle a eu deux maris et quatre enfants, Sonya, qui vient de se marier, Christophe, 24 ans, qui termine ses études d’architecture à Lomé, au Togo, grâce à une bourse du gouvernement; Natacha et Roberte, 16 ans, qui est au lycée public.


Aucun de ses maris ne vit avec elle, mais l’un d’eux était présent, probablement le père de Sonya. On nous a expliqué qu’il était en ville pour le mariage de Sonya.


Christophe est de retour de Lomé pour les vacances.


Roberte aide sa mère à préparer le repas.


Christophe nous a photographiés avant notre départ. A droite, Wensceslas, un cousin de Natacha que sa mère nourrit aussi. A son âge, il mange probablement beaucoup.


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