2016 Burkina Day 7: Steve, Bénédicte, Josiane N, Rita, Josiane, Inès

Journée N° 7: Steve, Bénédicte, Josiane N, Rita, Josiane Y et Inés

13 janvier 2016

Grâce aux ordinateurs d’occasion qui viennent de France, nous serons très bientôt en mesure de fournir des ordinateurs à toutes nos bénéficiaires. David, notre principal donateur, est un technicien en informatique dans une école près d’où nous habitons. Il les obtient, les nettoie, les répare et nous les donne.

Toutefois, nos jeunes femmes seront-elles capables de les utiliser ? J’avais entendu parler d’un ancien membre de l’organisation américaine « Peace Corps », Steve qui s’est installé au Burkina et y a créé une entreprise d’informatique. Je suis donc allé le rencontrer dans sa boutique, appelée « Cyber boutique ».


A l’intérieur, on pouvait y voir une grande salle de travail. Steve nous a accueillis habillé à la façon américaine, très désinvolte, en jeans, chemise ouverte et en sandales. Il m’a appris qu’il venait du Connecticut.


Dans la pièce de devant se trouve le magasin où sont exposées les machines d’occasion. Un ordinateur « Bell » comme celui que nous aurions en France coûterait 130.000 CFA (environ $215 ou 198 euros).


Il nous a expliqué qu’il travaillait en partie en affaires et en partie en humanitaire, comme on peut s’attendre d’un ancien bénévole de « Peace Corps ». Il importe une grande partie de ces ordinateurs d’occasion de grosses compagnies des Etats Unis. Ces compagnies, parfois des banques, les nettoient elles-mêmes pour s’assurer qu’aucune information délicate de leurs clients ne viendrait aux oreilles du public. Sur chaque ordinateur, ils prévoient une assurance de $1.000.000 au cas où une mauvaise manœuvre aurait provoqué une sérieuse fuite. Steve vend alors ou donne ces ordinateurs.


Il a récemment travaillé avec le Ministère de l’Education pour distribuer, gratuitement, une centaine d’ordinateurs à dix écoles publiques, utilisant des bénévoles de « Peace Corps » pour installer des laboratoires d’informatique dans ces écoles.

Il nous a ensuite emmenés dans une réserve à l’arrière du magasin afin de pouvoir

discuter. Il a parlé couramment en français pour Awa.


Que pourriez-vous faire pour nous ? Il pourrait, a-t-il répondu, tout d’abord installer gratuitement des logiciels utiles, par exemple formation en langues, ou encyclopédie pour des recherches sans internet. Fantastique !! Accès à internet est souvent un problème pour nos bénéficiaires.

Je lui ai parlé de Clarisse qui termine son master en informatique. Pourrait-il utiliser une interne ? Bien entendu, dit-il, car il allait justement chercher quelqu’un. Qu’elle me contacte la semaine prochaine, a-t-il ajouté, et si le stage fonctionne bien, nous verrons. (cela serait-il une possibilité d’un emploi pour elle ? ). J’étais aux anges!!!!


Nous sommes ensuite allés à Saint Thomas D’Aquin, une université privée où nous avons trois bénéficiaires, deux en droit et une en médecine.

Nous pouvons apercevoir l’université au loin car elle se trouvait tout à fait à l’extérieur de la ville, en banlieue.


Les deux élèves en droit, Josiane et Bénédicte, nous attendaient. Elles semblaient former une bonne amitié.


Nous avons trouvé une classe vide et nous nous y sommes installés. J’ai tout d’abord parlé à Bénédicte. Elle et Josiane avaient les mêmes programmes. 10 cours, et 10 examens. Pas de notes avant juin.


Lorsqu’elle n’est pas à l’école, elle vit chez sa mère à Koudougou. Son père est décédé l’année dernière. A Ouaga, elle loue, avec deux autres filles, un appartement qu’elle a trouvé par l’intermédiaire de l’université. Toutes les trois sautent le petit déjeuner et rentrent à la maison pour déjeuner et diner, qu’elles cuisinent elles-mêmes. Sa mère paie loyer et nourriture. Bénédicte aimerait devenir magistrat/juge.


Josiane habite chez une tante à 10 kms. Elle y partage une pièce avec sa belle-soeur. Elle va à l’école avec une amie qui la conduit en moto. Sinon, sa tante l’emmène en moto et paie pour elle, logement et nourriture.


Elle aimerait devenir avocate.


Notre étudiante en médecine est Rita qui est dans sa cinquième année. Cette cinquième année se consiste en stages les matins et en cours les après-midi. Son dernier stage était dans un institut important de gynécologie.


Rita nous avait été recommandée par Jean-Pierre. Elle a constamment été une excellente étudiante et a obtenu une bourse de l’Etat. Nous avons complété cela en lui payant ses dépenses journalières. N’ayant pu trouver de classe vide, nous sommes allés dans la voiture pour discuter.


Notre dernier rendez-vous de la journée était pour Pauline, le tante de Josiane et d’Inès. Josiane est allée à la même école d’infirmières que Sophie mais contrairement à Sophie, elle n’a pas réussi à l’examen pour service avec le gouvernement. Elle fait actuellement un stage dans un très grand centre médical à Shifra. Tous les mois, elle nous remercie pour notre aide.


Inès, au contraire, n’a pas encore su dire merci depuis trois ans. Nous lui avions trouvé une subvention de 500 euros à la condition qu’elle rédige un rapport sur les médias du Burkina. Cela lui aurait donné la chance de se faire connaître dans les endroits où elle aurait pu prétendre à un emploi, d’autant plus que la Fondation aurait invité en France des journalistes du Tiers Monde. Si son travail avait été concluant, elle aurait pu obtenir un billet d’avion. Malheureusement, elle n’a rien fait et ne s’est préoccupée de rien. Nous avons donc dû rendre les 500 euros.

Inutile d’ajouter qu’elle n’était pas chez elle quand nous y sommes allés.

J’avais demandé à Pauline, qui est magistrat, de veiller sur Madeleine, étudiante en droit, ce qu’elle a fait en l’appelant de temps en temps. Je lui ai maintenant expliqué que Madeleine hésitait à se faire soigner de kystes aux ovaires. Je suis passée par là moi-même, Pauline a ajouté, et j’ai été opérée. Je ne voulais pas mourir. Elle a promis qu’elle parlerait à Madeleine.

* * *


France

Email: info@chanceforchangecharity.org