2017 Jours 15 & 16: Ouagadougou

Mercredi 25 et jeudi 26 janvier 2017

Le chauffeur de Christiane, Abdoulaye, est arrive? a? Ouaga de bonne heure, en moins de deux heures.

Il m’a de?pose? a? mon hotel pre?fe?re?, Le Karite? Bleu, qui e?tait complet de?but janvier, mais que j’ai pu re?server a? partir d’aujourd’hui. Le jardin est reposant.

Mon programme pour l’apre?s-midi e?tait le?ger—principalement un rendez-vous avec Christiane. Auparavant, j’ai demande? a? Abdoulaye de me conduire a? l’Universite? Saint Thomas d’Aquin (l’USTA). Nous soutenons trois jeunes femmes a? l’USTA, Josiane et Be?ne?dicte en droit et Rita en me?decine. Je voulais contro?ler leurs re?sultats. J’ai commence? par aller au bureau de Mme. Kalmogho a? la Faculte? de Droit. Elle avait un sourire charmant.

Elle avait de bonnes nouvelles et de mauvaise nouvelles pour nous. Les bonnes: Josiane a bien re?ussi sa premie?re anne?e et elle continue avec de bonnes notes en seconde. (A l’USTA, presque un tiers d’e?tudiants e?choue en premie?re anne?e.) Les mauvaises nouvelles: l’anne?e dernie?re, Be?ne?dicte e?tait parmi ce tiers et cela n’allait pas mieux cette anne?e. Nous avons refuse? de lui accorder un an de redoublement. Sa me?re a du? emprunter aupre?s d’une banque pour payer ses frais de scolarite? cette anne?e. Toutefois, nous avons promis de reconside?rer son cas si elle re?ussit son anne?e de redoublement. Peut-e?tre n’a-t-elle pas bien choisi sa spe?cialisation.

Nous sommes ensuite allee?s a? la Faculte? de Me?decine, ou? Rita est en sixie?me anne?e. Elle a une bourse d’e?tat—sa moyenne est habituellement environ 16/20. Nous lui avions accorde? 100,000 f CFA (150€) pour aider avec ses frais de soutenance. Mme. Fatou Traore? a consulte? le dossier de Rita: ses notes e?taient entre 11.00 et 17.4. Cette anne?e elle devra faire un stage de 45 jours a? une clinique en brousse. Pendant sa septie?me anne?e, elle travaillera plein temps dans un ho?pital.

J’ai passe? la reste de l’apre?s-midi au bureau de Christiane. Elle est consultante en gestion et elle ge?re nos affairs au Burkina avec beacoup de discipline.

L’anne?e dernie?re nous avions paye? trois jours par semaine pour une assistante pour Christiane. Elle nous a quitte? losqu’elle a trouve? un emploi a? plein temps. Christiane est en train de consulter quelques re?sume?s et, en attendant, elle a engage? Christine en tant que stagiaire.

Christine

Christiane et moi avons revu les dossiers de 26 jeunes femmes que nous aidons actuellement. De temps en temps, elle a indique? comment nous aurions pu agir diffe?remment: envoyer celle-ci a? une universite? publique au lieu du prive?, insister que celle-la? reste avec sa famille a? Koudougou au lieu d’aller a? Ouaga. Il y a toujours du nouveau a? apprendre.

Le lendemain nous sommes alle?s rencontrer une autre Josiane qui a eu son diplo?me de sante? en 2015. Elle n’a pas encore trouve? de travail, mais je ne l’ai jamais vue si heureuse. Son mari, Alfa Sankara, est infirmier et sa famille a quelques moyens. Ils ont une fille de six mois, Christelle Mae?lise.

Elle a passe? le test d’inte?gration pour le service public en 2015, mais n’a pas e?te? admise. Elle l’a repasse? au mois de de?cembre et elle attend toujours les re?sultats. Si elle n’est pas admise, elle cherchera un poste dans le prive?, en commenc?ant par le centre me?dical Chithra ou? elle a fait un stage.

Je lui ai demande? si son mari faisait partie de la famille de Thomas Sankara, l’ancien pre?sident du Burkina Faso. Sankara est toujours beaucoup estime? au Burkina. Pendant sa pre?sidence, de 1983 a? 1987, il a mene? tambour battant une politique d’e?mancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui signifie pays des hommes inte?gres), de de?veloppement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libe?ration de la femme. Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabe? mais aussi plus ge?ne?ralement en Afrique, qui en a fait une ico?ne, un « Che Guevara » africain.

Josiane a re?pondu a? ma question: “Oui, c’est son oncle. Mais nous n’en parlons pas.” J’ai pris Christelle dans mes bras; j’e?tais tre?s content de voir qu’elle n’a pas eu peur de mon visage si blanc.

Je suis ensuite retourne? a? l’Universite? Saint Thomas d’Aquin pour voir Rita. Nous nous sommes rencontre?s dans la bibliothe?que.

Elle est calme, assure?e et positive; elle sera un bon me?decin. Nous nous sommes installe?s a? une table dans le hall d’entre?e.

Elle m’a informe? que sa bourse d’e?tat avait augmente? cette anne?e et le sera encore une fois l’anne?e prochaine. “As-tu toujours besoin de notre aide,” lui ai-je demande?? “Non,” a-t-elle re?pondu, “sauf au cas ou? le gouvernement ne paierait pas a? temps, ce qui est souvent le cas.” J’ai sugge?re? que nous allions budge?tiser 100,000 f CFA pour elle en 2017-18 qu’elle pourrait emprunter si elle en a besoin. Elle e?tait contente avec cela.

Il me fallait maintenant trouver Elsa, la quatrie?me des candidates propose?es par Solidarite?. Nous avions de?ja? rencontre? les trois autres a? Koudougou. Elsa habite Ouaga. Nous avons trouve? son e?cole, le Lyce?e Mixte Gounghin.

Mme Beloum de la Direction nous a informe? qu’Elsa avait une moyenne de plus de 11 l’anne?e dernie?re. Elle a appele? Elsa, qui nous a dit qu’elle aime la science et qu’elle voudrait e?tre pharmacienne.

Puisque ses cours de la matine?e e?taient termine?s, elle nous a accompagne?s chez elle a? ve?lo.

Sa me?re, Le?onie, est infirmie?re. Son pe?re est au cho?mage depuis 1994; l’anne?e dernie?re il a souvert d’un AVC.

Elsa va postuler pour une bourse d’e?tat, mais pour cela elle devrait avoir une moyenne de 12,5. Si elle ne re?ussit pas, elle aura besoin de notre aide. Elle avait l’air tre?s se?rieuse.

Notre dernier rendez-vous de la journe?e e?tait avec la famille Congo, loin du centre. Mme. Congo est femme de me?nage au bureau de Christiane. L’anne?e dernier elle a demande? que nous aidions sa fille Isabelle. Nous avons approuve? un budget pour elle, mais elle est de?ce?de?e brutalement. Cette anne?e Christiane a propose? Ruth, la soeur d’Isabelle.

Abdulaye m’a emmene? vers un quartier pauvre…

…et a? la maison Congo.

Nous nous sommes installe?s dans la cour avec Ruth, au centre, une de ses soeurs et sa maman avec Abdelatif dans les bras. Ruth a e?te? de?scolarise?e quand elle est tombe?e enceinte.

Ruth voudrait s’inscrire a? une e?cole de sante?. Elle peut le faire, me?me sans baccalaure?at, si elle re?ussit a? un test d’admission. Elle aurait besoin d’un ve?lo—nous avons compte? six kms de chez elle a? la route goudronne?e, et 25 kms jusqu’au centre ville. Plus de 60 kms par jour en ve?lo? “Je peux le faire,” m’a-t-elle dit.

J’ai demande? ce qui s’est passe? avec Isabelle. “Elle a eu des maux de te?te,” a-t-elle re?pondu. Je suppose qu’on peut mourir d’un mal de te?te quand on n’a pas des moyens. Deux jeunes garc?ons nous regardaient.

J’ai demande? de photographier leur maison. “Bien su?r,” ont-elles re?pondu. Triste.

Ruth et sa maman comptent sur nous.

Abdelatif aussi.

France

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